La Dordogne est mal en point

L’intérêt pour la Dordogne a bien changé depuis quelques décennies.
Autrefois elle servait de voie de transport pour certaines marchandises. La pêche de subsistance
était importante. Enfin, elle permettait les grosses lessives.
Actuellement, notre société lui a donné principalement le rôle de produire de l’électricité,
de permettre l’irrigation, d’obtenir notre eau potable puis de développer le tourisme (canoës…) et
en corollaire, de procurer un emploi à une armée de techniciens qui la scrutent. Malgré le ronflant « Réserve de Biodiversité », la vie dans ce cours d’eau a un
intérêt minime. Les études sont parait-il nombreuses, leurs résultats très discrets.
La situation est alarmante. Les pêcheurs en sont les premiers témoins mais il suffit de se
pencher du haut du pont pour le constater. On voit des galets nappés par une gangue marron et des
herbes couvertes de filaments suspects. Les troncs d’arbres morts et les grosses pierres sont englués
dans une épaisse couche brune.
Aucune ablette, aucune assée (vandoise) , aucun gardon , aucune perche … poissons fréquents il y
a quelques années encore. Restent pourtant quelques barbeaux, parfois des carpes et deux ou trois
autres égarés. Pourtant on ré empoissonne, ce qui maintient l’illusiobn pour les plus naïfs.

La « manne » a disparu depuis une vingtaine d’années et, dans les toiles d’araignées, il n’y a que

très peu d’éphémères. Trouver des bobes (larves d’insectes) sous les galets est mission impossible.
Les « mulets » (toxostomes) ont quasiment disparu depuis 50 ans.
Les crapauds qui s’accouplaient si nombreux en mars avril ne se rencontrent plus.
Les « cabouillous » (sorte de canards) et même les poules d’eau deviennent extrêmement rares.
Plus récemment, on constatait une impressionnante concentration de friture, côté Saint-Sozy
pendant les mois d’hiver. Cette profusion attirait pêcheurs, loutres et cormorans.
Depuis 2023, c’est fini. Plus rien.
Le même phénomène s’est produit aux mêmes dates dans la couasne d’Aillac en Dordogne.
Quelles en sont les causes ? Influence des barrages (crues, température..), de la pollution (agricole,
domestique, des eaux de ruissellement des chaussées ..), digestat, cormorans, loutres, pêcheurs… ?
Personne ne les a déterminées mais quelqu’un les a-t-il cherchées ?
Ce ne sont pourtant pas les organismes spécialisés qui manquent : Agence de l’eau , EPIDOR,
MIGADO, SMDMCA (syndicat mixte..), ARS, services préfectoraux, Fédération de pêche…
Hormis pour les colibacilles et les entérocoques, microbes transmettant des maladies, peu de
recherches sont faites ou du moins aucun résultat n’est facile d’accès.
La rivière est propre en apparence. Ceux qui ne la connaissent pas s’en émerveillent encore :
« C’est moins pire qu’ailleurs ». Pourtant, en quelques décennies, la dégradation est spectaculaire
Les baigneurs trempent, les canoës passent. Les crèmes solaires se déposent. La vie disparaît.
L’optimisme n’est pas de mise mais il reste l’espoir d’un miracle ou plutôt d’une prise de conscience
réelle et suivie d’effets. La vie dans une rivière n’est-elle plus qu’en option ?
Actualités :
Cet été 2025, une forte présence de cyanobactéries a été trouvée dans la Dordogne au Vieux
Chêne (commune de Montvalent, point d’analyse amont le plus proche ). Ces organismes dont le
développement est favorisé par la lumière, la chaleur et la mauvaise qualité du milieu peuvent
relâcher des toxines très dangereuses. Prudence !