Le pont de Meyronne

Le pont de Meyronne

 

   La Dordogne est  longtemps restée très peu équipée en ponts. L’un des plus anciens était à Bergerac. Il fut souvent emporté. Celui de Lanzac/Souillac fut fonctionnel en 1824.

 

On traversait en bac ou à gué  par basses eaux.

Pour notre zone, il y avait 3 ou 4 bacs. Le plus en amont, de Creysse à Meyronne est resté en activité occasionnelle jusqu’au milieu du XXème siècle. Il y en avait un entre Saint-Sozy et Meyronne , sans doute un autre entre Saint-Sozy et Le Bougayrou et enfin celui de Meyraguet. Les barques de particuliers, jamais cadenassées, servaient à dépanner en cas de besoin.

 

Le premier pont

     Lorsque en 1840, Meyronne demanda à devenir une commune distincte de Saint-Sozy, le danger que représentait la traversée en barque des élèves allant à l’école de Saint-Sozy fut mis en avant.

     En 1845, Le Gouvernement Royal lança un appel d’offres pour jeter un pont.

     Il mesurerait 135  m de long et 4,4 m de large. 

     Le constructeur était Marc Seguin spécialiste des ponts suspendus et dont l’entreprise avait déjà réalisé de nombreux ouvrages. Les travaux durèrent de 1846 à 1850.

     Emprunter le pont resta payant un certain temps. Les tarifs sont assez surprenants.

Bulletin SEL Oct-Dec 1966 tiré du Bulletin des Lois n°1273 n°12.586 Ordonnance du Roi du 12/02/1846

   Le tablier devait être assez près de l’eau car lors des grosses crues, on pouvait toucher l’eau «avec la pointe d’un parapluie» (mesure imprécise mais parlante). Il faut dire que la Dordogne s’est beaucoup creusée depuis.

     Des réfections furent effectuées par l’entreprise Arnodin: en 1884 vérification et renforcements des amarrages, en 1963 :  pose d’une chaussée métallique remplaçant les poutres de bois.

     En septembre 1969, la corrosion des câbles de soutènement entraîna la rupture de 3 filins sur les 6. Les câbles cassèrent au niveau de la pile aval rive droite. Le pont pendait soutenu par 3 points seulement. La responsabilité de l’entreprise qui effectuait des vérifications fut dégagée.

     Mal adapté aux exigences de la circulation moderne, il fut décidé de l’enlever et d’en construire un plus pratique.

Le pont actuel

La construction

        Pour évacuer les restes de l’ancien pont, les câbles de la rive gauche furent coupés et un gros lâcher d’eau entraîna une augmentation du débit de la Dordogne qui rabattit l’ensemble vers la rive de Saint-Sozy. Ensuite les éléments furent découpés et évacués.

 

   La construction d’un pont à poutre  fut décidée

  En 1970, la société  Union Charentaise d’Entreprises basée à Royan consolida les culées et bâtit

  2 piles.

  Un pont Bailey installé par l’armée permit provisoirement de traverser la rivière.

  On décida de la construction d’un pont en béton à la chaussée plus large. La société Spie-Batignolles réalisa cet ouvrage. Long de 135 m, large d’environ 8,50 m dont 6 m de chaussée, le tablier a une épaisseur de 3 mètres.

  Une passerelle en bois, placée 100 m en aval, suffit, pendant les travaux, à la traversée des piétons.

 

  L’inauguration du pont tout neuf se déroula en 1974 en présence du député du Lot Bernard Pons.

 

Aujourd’hui

     Malgré sa ligne qui n’a rien d’admirable, ce pont remplit parfaitement sa fonction.

   De plus, il est un haut lieu de la vie halieutique locale. C’est de là que les promeneurs détaillent leurs observations sur la rivière: variations de niveaux, arrivée des cormorans, limpidité de l’eau…

   On y croise fréquemment les pêcheurs locaux venus aux nouvelles.

   L’accès étant facile, c’est aussi un coin de pêche très fréquenté et le lieu d’implantation de plusieurs entreprises de location de canoës.

   Depuis une vingtaine d’années, malgré l’installation d’un éclairage public, on n’y voit plus les impressionnantes couches de manne qui recouvraient la chaussée certains soirs de fin d’été.

   Ces millions de cadavres d’éphémères servaient d’appâts pour prendre des assées mais la plus grande partie rendait la route glissante et finissait par empester.

    La disparition de ce phénomène reste bien inquiétante quant à l’état de la faune aquatique.